posté le 26-05-2018 à 14:22:50

Grasse (64).

Le cagibi de Jeanne, la prof d'Anglais...
 
  Au lycée, je commençais ma journée avec une 1èreS.
A voir ma tête, les élèves rangèrent leurs portables, ils avaient deviné qu’à la moindre dérive je leur donnerais un contrôle surprise.
L’heure se traînait et ma montre semblait faire grève. Après les soucis du matin avec mes voisins plutôt collants, j’aspirais à une relative tranquillité, mais je me souvins soudain qu’à la récré de dix heures Jeanne m’attendait dans son cagibi avec son plafond en pente pour une rencontre certainement crapuleuse sur la petite table recouverte de photocopies et collée à un rétroprojecteur plutôt en fin de vie.

J’aurais préféré aller au CDI à la recherche d’un scanner pour agrandir la photo de la partouze de Lola et isoler son visage pour le montrer à Monsieur Laderovitch, l’unique témoin de son enlèvement.

Finalement à dix heures j’allais au CDI. Un lieu peu fréquenté par les élèves qui préféraient lézarder au soleil dans la cour de récréation. La documentaliste, madame Françoise Jétoulu, était accroupie devant un rayonnage de livres qu’elle rangeait avec méthode. Fatalement, de par sa position et de ses jambes légèrement écartées, sa jupe remontait jusqu’à mi-cuisses.

Je me plantais devant un panneau en liège sur lequel étaient punaisés de petits cartons blancs que je faisais semblant de consulter. En réalité, mes yeux louchaient sur le côté, sur le spectacle ravissant que m’offrait la documentaliste. Mon moral remonta quelque peu et pas que lui… Elle tourna la tête vers moi et me regarda. Elle me voyait de profil et j’eus honte de la protubérance peu académique qui était apparue au niveau de ma braguette. Elle conserva plusieurs minutes cette position suggestive qui mettait en émoi toutes mes hormones. Elle sourit et me demanda :

- Tu désires quelque chose ?

Pour l’instant mes désirs se concentraient sur ses cuisses généreusement découvertes et sur le mystère de son entre-jambes.

- Caresser tes cuisses ! pensais-je.        

Et je censurais immédiatement en :

- J’ai une photo à scanner, tu pourrais m’aider ?

J’aurais pu me débrouiller tout seul, mais c’était un petit moyen puéril de me rapprocher d’elle.

Tout en parlant, je m’étais positionné en face d’elle, ce qui me donnait une vue panoramique et en 3D de l’entrebâillement de ses cuisses et d’un petit territoire de couleur noire situé entre ses deux aines. C’était peut-être un morceau de tissu de sa culotte que je voyais ou alors, comme elle était brune…

Françoise comprit tout et me laissa encore un moment contempler son panorama. Elle avait au moins quarante ans, plutôt mince, les cheveux courts et les yeux ravageurs. Elle se releva et passa devant moi, ce qui me fit pénétrer dans son halo aromatique. Mes papilles olfactives s’affolèrent et décodèrent le nom de son parfum :

- « Les jardins de Bagatelle » ?

- Gagné ! me dit-elle en passant le bout humide de sa langue sur sa lèvre supérieure.

Son sourire commença à enrouler mon corps dans des bandelettes de tissu pour le transformer en momie inerte et sans défense.

Et pour parodier Corneille dans Le Cid, « avant que de combattre, je m’estimais perdu » !

- Tu veux quoi au juste ? me dit-elle.

Moi, j’avais déjà oublié l’objet de ma visite au CDI.

- Tu as besoin du scanner pour numériser une photo ?

J’étais comme un boxeur groggy* assis dans un coin du ring, ruminant un abandon à cause d’un flot de sensations perverses.

Je me souvins et j’eus presque honte d’avoir oublié Lola, l’amour de ma vie. Je tendis à Françoise Jétoulu la photo de la partouze en regardant à droite et à gauche pour détecter la présence éventuelle d’élèves dans le CDI. Personne ! Les livres sont passés de mode !

- Pour ça, il faudrait que tu reviennes ici Mercredi après-midi. Je serai seule au CDI pour faire l’inventaire.

J’acceptais avec reconnaissance.

Dans le couloir je croisai Jeanne qui me lança un regard assassin.

- Je t’ai attendu dans la réserve. Swine** !...

 

A suivre

 

Notes :

 

 

* Groggy: qui est dans un état d'hébétude provoqué par un choc psychologique ou à demi assommé par les coups de l'adversaire.

 ** Swine: salaud en anglais.                                                           

 

 

 

 

 

 

 

  La documentaliste, Françoise Jétoulu.

 

 

 


Commentaires

Dernier commentaire    Commentaires terminés   Fermer les commentaires
 
0 commentaire
 
 
posté le 19-05-2018 à 08:33:57

Grasse (63).

 

Monsieur Gédebras, le futur manchot...

 

 Monsieur Albert gédebras, d’après les dires de Madame Coqualo, avait donc perdu son bras droit lors de l’explosion de son laboratoire dans une fabrique de parfums à Grasse.

La seule certitude concernant le rapt de Lola, c’est qu’il avait été effectué par le « gang des parfumeurs de Grasse ». Cela m’avait été confirmé par Aldo et Pipo, les deux CRS gays au cours de la petite sauterie organisée par Monsieur Coqualo.

Comment ne pas faire le rapprochement entre l’enlèvement de Lola et l’ancienne profession d’Albert ?

Je me mis à penser, avec horreur, que notre voisin manchot appartenait peut-être au fameux gang ou que pire encore, qu’il en était le chef !

A partir de ce moment, je devins aussi angoissé qu’un éphémère* pensant à son avenir. Ce que je redoutais le plus, c’est que Madame Coqualo, aussi bavarde qu’un ventilateur, n’allât dire à Monsieur Gédebras que j’avais demandé des renseignements sur lui. Si c’était le cas, ma vie ne tiendrait plus qu’à un fil.

« Zut, zut et rezut »,  me dis-je, ce matin-là en me rasant. En plus du couple Coqualo et de Mademoiselle Belœil, j’allais devoir éviter Albert qui était certainement un tueur professionnel. Ma vie devenait intenable dans cet immeuble et je me demandais si je ne devais pas déménager, changer de quartier, changer de ville, de pays, de continent !

Non je ne suis pas un peureux !

Mes cours commençaient à huit heures au lycée et je me dis que si je partais à sept heures j’aurais peu de risques de rencontrer mes ennemis intimes. Il faisait encore nuit en cette saison et j’empruntais les escaliers pour éviter d’entrer en contact avec mes voisins paranoïaques, nymphomanes ou tueurs, bref avec tous ceux qui me voulaient du mal ou du bien (Mme Coqualo).

Au deuxième étage, j’entendis un bruit de clé dans une serrure ; ciel, c’était l’étage d’Albert, le manchot cruel !  Je sautais deux marches à la fois pour aller plus vite. Mon cœur s’emballa comme un cheval piqué par un taon sadique.

Ouf, arrivé dans le hall, au rez-de-chaussée, harassé mais quelque peu rassuré, je soufflais un peu en ouvrant ma boîte à lettres pour vérifier que je n’avais point reçu de lettre de menaces. Rien ! J’allais sortir de l’immeuble quand soudain la porte de l’ascenseur s’ouvrit pour libérer Monsieur Gédebras qui me lança un regard-arbalète. Ce genre de regard qui paralyse et qui assassine ! Mes muscles devinrent aussi durs que de l’ébène et j’eus l’impression que je naviguais sur les flots impétueux du Zambèze.

- J’ai deux mots à vous dire ! me cria le manchot sans bras droit et sans cœur.

Je sentis comme une libellule battre ses ailes dans mon crâne et mon sang se coaguler dans mes veines. J’étais perdu !

C’est à ce moment-là que Mademoiselle Belœil  entra dans le hall ; elle tenait son petit chien en laisse et elle vint vers nous en souriant. Ah, je l’aurais embrassée ma voisine malgré son haleine qui sentait l’encaustique et ses lèvres mollassonnes. Cela refroidit Albert qui s’éloigna en maugréant. Elle était demi-vierge, mais pour la remercier j’étais prêt à finir le travail...

J’avais échappé à Monsieur Gédebras, mais pour combien de temps ? Et en plus, au lycée, m’attendait Jeanne, la prof d’anglais aux yeux globuleux, qui m’avait donné rendez-vous à la récréation de dix heures dans son étroit cagibi poussiéreux et sans fenêtre où était stocké son petit  matériel pédagogique. Mais pour quoi faire ?...

 

A suivre

 

Notes :

 

* Ephémère : insecte dont la durée de vie est de quelques heures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

Dernier commentaire    Commentaires terminés   Fermer les commentaires
 
0 commentaire
 
 
posté le 13-05-2018 à 08:35:22

Grasse (62).

Albert Gédebras, le manchot... 

---

En examinant la photo avec ma puissante loupe, je pus y découvrir la présence de Monsieur Albert Gédebras, le manchot, un habitant de mon immeuble. Nu, comme un ver de terre géant, il s’occupait de Lola et on avait l’impression que son bras manquant avait été greffé entre ses jambes…C’est vous dire, que ce n’était pas beau à voir !

Ce qui me navrait le plus, c’est que Lola semblait se pâmer  sous ses assauts amoureux…Je finis par penser que tous les hommes de l’immeuble l’avaient « baisée », sauf moi ! Et pire encore, Albert était l’un de ceux qui la vilipendait le plus, faisant circuler des pétitions qui exigeaient qu’elle quittât le lieu de son racolage et tout ça pour assainir notre quartier.

Mais qui était Monsieur Albert Gédebras au juste ?

Il devait avoir dans les cinquante-cinq ans environ, mince et sec comme un saucisson corse. Les cheveux gris-blancs, taillés en brosse, on le voyait souvent déambuler dans l’immeuble, avec, dans sa main gauche, une feuille de papier où il notait les noms des volontaires qui désiraient participer à un tournoi de volley-ball.

Le seul hic  dans cette affaire c'était qu’Albert Gédebras était manchot.

Je me demandais bien, comment il avait perdu son bras. Quoi de plus naturel que de me renseigner auprès de Madame Coqualo, la langue de pute de l’immeuble. Elle traînait toujours dans le hall, rôdant près du local à poubelles, à la recherche d’un bon coup…

Elle aimait boire l’élixir de la vie directement à sa source, c’est-à-dire à l’appendice turgescent, apanage de la gent masculine. Malheur à celui qui tombait entre ses mains ou entre ses lèvres plutôt ; il ressortait du local à poubelles aussi sec qu’un puits saharien, presque tari à vie. Moi, j’évitais le plus possible ce lieu de débauche buccale, mais là il y avait urgence !

Un après-midi, vers quatorze heures, alors que j’allais jeter mes maigres déchets,  je tombais sur mademoiselle Belœil, qui allait promener son chien. Elle m’invita à boire un thé chez elle en me jetant un regard un peu cabossé. Elle était demi-vierge et moi je tenais à ce qu’elle le restât ! Je déclinais donc son invitation et elle eut un sourire, disons chaotique. Tant pis, je n’avais pas la tête à explorer des contrées sauvages où l’homme n’avait presque jamais mis le pied, ou autre chose…

J’attendais Madame Coqualo, en balançant mon petit sac poubelle noir qui commençait à avoir la nausée. Quand elle arriva, je sentis comme une vague d’hormones féminines submerger mon corps et mon radar nasal détecta son parfum que jamais je ne parvins à décrypter. Souvent je lui demandai son nom ; elle ne voulut jamais me le donner. Pourquoi ? Mystère !

Je réitérais ma demande ce jour-là avec un sourire tentateur et un regard gourmand, en hochant légèrement ma tête en direction de la porte du local à poubelles. C’était comme un signal muet, une invitation même ! Elle tomba dans le piège ou je sombrais dans le sien, allez savoir.

- C’est un parfum créé par Monsieur Gédebras il y a quelques années, me dit-elle en passant la langue sur ses lèvres renflées.

- Monsieur Gédebras ? Et qu’a-t-il à faire dans cette histoire?

Elle eut un sourire de hyène en chaleur, ce qui est terrible.

- Mais Monsieur Gédebras était parfumeur à l’époque !

- Parfumeur ?

Madame Coqualo était partie pour me raconter la vie de notre voisin manchot, ce qui faisait mon affaire ! Peut-être que j’allais pouvoir éviter de me faire vidanger dans le local à poubelles.

- Oui ! Et il a perdu son bras lors de l’explosion de son laboratoire dans l’usine de parfums, rue G……..

Peu à peu, je commençais à comprendre et cela me fit froid dans le dos !...

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

Dernier commentaire    Commentaires terminés   Fermer les commentaires
 
0 commentaire
 
 
posté le 06-05-2018 à 08:35:58

Grasse (61).

 

J’avais hâte de rentrer chez moi pour examiner de plus près la photo licencieuse de Lola, non par voyeurisme malsain, mais seulement pour réfléchir à la méthode que je devrais utiliser pour la montrer à Monsieur Laderovitch toujours perdu dans le labyrinthe de l’oubli.

Sur ce cliché on voyait Lola qui se livrait à une activité peu recommandable, mais aussi Brigitte et une autre pute que je ne connaissais pas. La photo n’était pas très nette et l’on apercevait aussi trois hommes qui se laissaient faire. En l’état, elle était inexploitable et j’avais intérêt à agrandir et à isoler le visage de Lola pour que Monsieur Laderovitch pût, malgré sa presbytie  due à son âge, reconnaître un tant soit peu, ma bien-aimée.

Un autre problème émergea : il me sembla que l’un des trois hommes ne m’était pas inconnu. Il me fallait une loupe puissante pour voir en gros-plan les visages de tous les protagonistes de cette dégoûtante partouze. Et dans mon appartement, je n’avais point de lentille grossissante.

Comment faire pour m’en procurer une, un dimanche après-midi, dans cette ville de Grasse, où tous les opticiens, paresseux comme des couleuvres, avaient fermé leurs boutiques ?

Au lycée, dans mon labo de physique, j’avais bien une quantité impressionnante de loupes, mais il n'y avait pas cours le dimanche ; oh ces professeurs, toujours aussi fainéants ! J’étais pressé de mener mon enquête, je ne pouvais plus attendre. Par quel moyen pouvais-je entrer dans mon labo un dimanche après-midi ?

Il fallait que je pusse contacter le concierge de l’établissement pour qu’il consentît à m’ouvrir toutes les portes du lycée. Par chance, je savais que le gardien de cet établissement scolaire, fréquentait le bar « Le Bacchus* » situé juste en face.

Lorsque je poussais la porte vitrée de ce débit de boissons, je le vis installé à une petite table métallique, ronde et rouge. Il buvait un Cognac. Son visage bouffi et coloré m’indiquait qu’il n’en était certainement pas à son premier verre d’alcool. Il traînait derrière lui une réputation d’ivrogne peu compatible avec sa fonction de gardien dans un établissement relevant de l’éducation nationale. C’était ma chance ! Je m’assis près de lui et je lui offris encore deux verres de Cognac qu’il avala rapidement. Il me dit ensuite :

- Tu es mon ami pour la vie !

Je n’en demandais pas tant ! Je lui expliquais, comme je pouvais, que j’avais oublié mon ordinateur portable au lycée et que j’avais besoin de lui pour qu’il m’ouvrît quelques portes. Il accepta de bon cœur et nous allâmes ensemble dans mon labo où je pus prendre la loupe la plus puissante que je possédais. En sortant de la salle, je vis le concierge affalé contre le mur et ronflant comme une machine à vapeur du dix-neuvième siècle. Je refermai la porte, plaçai les clés dans sa main droite et je filais comme une anguille.

Chez moi, je m’installais à mon bureau et j’examinais à la loupe la photo de la partouze de Lola. Un des hommes présents attira mon attention et je pus ainsi reconnaître un visage familier…

- Oh, ce n’est pas possible ! m’écriais-je…

 

A suivre…   

 

Notes :

* Bacchus est un dieu romain correspondant à Dionysos dans la mythologie grecque, beaucoup plus ancien. Les Romains l'ont adopté, comme beaucoup d'autres divinités étrangères dans la mythologie romaine.

C'est le dieu du Vin, de l'Ivresse, des Débordements sexuels.

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

Dernier commentaire    Commentaires terminés   Fermer les commentaires
 
0 commentaire
 
 
posté le 29-04-2018 à 08:42:42

Grasse (60).

 La poupée en porcelaine de Brigitte...

 

Je suivis Brigitte dans son studio situé au troisième étage d’un vieil immeuble sans ascenseur. Elle monta devant moi et j’eus presque honte de lorgner  ses fesses qui oscillaient en cadence sur les marches de l’escalier.

Lorsqu’elle ouvrit la porte, une bouffée d’air odorant s’échappa à l’extérieur. Son studio embaumait le chou. Dans la pièce, un lit étroit occupait une grande place. Il était recouvert d’une couette saumon assez défraîchie, sur laquelle était assise une vieille poupée en porcelaine vêtue d’une robe bleu-ciel. La poupée de son enfance certainement. Un instant, une vision traversa mon esprit : celle d’une petite fille innocente jouant avec cette poupée. Elle ignorait quelle serait sa triste destinée, une vingtaine d’années plus tard, pute dans une rue mal éclairée, sous un réverbère diffusant  une lumière famélique et blafarde.

Sur une petite étagère au-dessus du lit, un cadre en bois doré contenait la photo d’un jeune garçon souriant, son fils certainement. Mon cœur, tendre comme de la moelle de sureau* se comprima quand je pensai à la situation de Brigitte qui n’avait certainement pas fait d’études et qui luttait, comme elle pouvait, pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Elle ouvrit le petit tiroir de sa table de nuit et prit un préservatif, puis elle retourna le cadre qui contenait la photo de son fils : il ne devait pas voir ce qu’allait faire sa mère ! Elle commença à se déshabiller. Je l’arrêtais aussitôt :

- On pourrait parler un peu si ça ne vous dérange pas.

Elle regarda sa montre et s’assit sur le lit, passive. Je m’installais à côté d’elle en essayant de ne pas la toucher. Je craignais des réactions physiques incontrôlables quelque part en moi.

- Voilà, si je suis venu vous voir, ce n’est pas pour faire l’amour !

Elle me toisa comme si j’avais commis un sacrilège.

Elle se mit à rire :

- Ah, je vous reconnais, vous êtes l’amoureux de Lola, la pauvre… !

Il était temps qu’elle s’en aperçût !

J’étais plus que gêné :

- Auriez-vous par hasard des photos de Lola ? lui dis-je.

Un petit rictus vint assombrir son joli visage.

- Heu, oui peut-être… !

- Pourriez-vous m’en donnez une s’il vous plait ? murmurais-je plein d’espoir.

- C’est que… elles ne sont pas très convenables…

Bête comme un radis, je répliquais :

- Mais que voulez-vous dire par là ?

- Heu ce sont des photos qui ont été tirées au cours d’une partouze !

- Pourrais-je les voir ?

Brigitte ne savait que faire. Enfin, elle se décida et rouvrit le petit tiroir et en sortit une dizaine de photos, disons pornographiques où l’on voyait Lola, nue, en pleine action.

- Tenez, choisissez, me dit-elle.

En quelques minutes je découvris absolument toutes les parties du corps de Lola. Je choisis la photo la moins choquante, mais qui aurait quand même traumatisé une bande de légionnaires en rut.

J’abandonnais cent euros sur le lit et je filais comme une souris poursuivie par un chat.

Mon problème maintenant, était de montrer cette photo de Lola à Monsieur Laderovitch sans qu’il sombrât complètement dans une démence fatale…

 

A suivre

 

Notes :

 

* Sureau : Arbre de la famille des chèvrefeuilles, dont les branches sont remplies d’une moelle tendre et abondante et qui produit des fleurs blanches d’une odeur particulière et forte, auxquelles succèdent des fruits rouges-noirâtres.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

Dernier commentaire    Commentaires terminés   Fermer les commentaires
 
0 commentaire
 
 
posté le 22-04-2018 à 08:37:27

Grasse (59).

 

Monsieur Laderovitch: "Je ne suis pas fou ! "

 

Après plusieurs refrains de chansons enfantines qui faisaient réagir Monsieur Laderovitch, pourtant âgé de plus de soixante-dix ans, je me hasardais à lui dire :

- Lola, Lola…

Aussitôt son regard se figea et ses yeux prirent l’aspect de billes translucides et dépourvues de vie.

Ma méthode, que je crus un instant géniale, montrait ses limites et je compris que les neurones de mon voisin étaient définitivement noyés dans la glu isolante de la maladie d’Alzheimer. Je n’avais plus à côté de moi, qu’un pantin à la mémoire désarticulée, muré dans un silence digne des moines trappistes (1), insectes muets dans leur gigantesque cathédrale.

Il ne me restait plus qu’à raccompagner Monsieur Laderovitch chez lui, en le guidant par l’avant-bras. Sa femme, inquiète, me dit :

- Oh, merci. Victor s’est échappé ce matin sans prendre ses neuroleptiques (2) !

Et immédiatement, dans un demi-verre d’eau, elle introduisit au moins vingt gouttes de la précieuse camisole chimique, que son mari avala sans rien dire. Presqu’aussitôt, Victor sombra dans le monde du silence peuplé de créatures improbables et monstrueuses.

Moi, je regagnais mon appartement déçu par mon échec.

Que pouvais-je faire pour retrouver Lola ?

Si au moins j’avais eu une photo d’elle, j’aurais pu la montrer à Monsieur Laderovitch pour ranimer sa mémoire qui ne tenait qu’à un fil. Rien, je n’avais absolument rien de Lola, seule sa beauté hantait mon cerveau et le remplissait à ras-bord.

Ma nuit fut un voyage au long cours dans un lit balloté par les cauchemars. Et, vers deux heures du matin, une idée germa dans mon cerveau comme une graine dans un champ de misère :

- Mais peut-être que Brigitte possédait une photo de Lola ?

Brigitte était sa copine et l’avait remplacée à la cuisse levée (3) sur le trottoir. Pour être  plus clair, Brigitte était une pute qui tapinait dans ma rue. Seulement, elle avait des horaires de fonctionnaire veilleur de nuit : de 21h à 5h du matin.

Ce n’était pas un créneau convenable pour un professeur respectable comme moi ! Et pourtant, amour quand tu nous tiens…

Je décidais d’aller voir Brigitte le soir même vers 21h15, juste pour lui demander si elle avait une photo de Lola. Par précaution, je plaçais deux billets de cinquante euros et un de vingt euros dans mon portefeuille, dans le cas fortement improbable où je devais « donner de ma personne ». Je ne connaissais pas les tarifs des belles de nuit…

Je reconnus Brigitte de loin, elle tapinait sous un réverbère situé juste en face de la boucherie chevaline « Pégase » ; le boucher était un poète inspiré par la mythologie grecque…

Je passais devant elle en louchant sur ses belles cuisses qui apparaissaient au-dessous de sa mini-jupe en cuir noir. Timide comme j’étais, je n’osais pas l’aborder et au bout d’une cinquantaine de mètres, je fis demi-tour pour traverser, une nouvelle fois, la sphère impalpable de son parfum envoûtant.

En pècheresse experte, Brigitte huma le poisson frétillant et elle le  ferra d’une manière classique :

- Tu viens chéri ?

Heureusement que la lumière blafarde du réverbère atténua la rougeur qui naquit sur mes deux joues.

Je ne pouvais plus reculer !

Je devais me sacrifier pour la bonne cause !...

 

A suivre

 

Notes :

 

1 : Moine trappiste : Moine cloîtré appartenant à l'ordre cistercien de la stricte observance et vivant dans le silence, la prière et le travail manuel.

2 : Les neuroleptiques (du grec neuron, nerf et leptos, qui affaiblit) ou antipsychotiques (contre la psychose) sont des médicaments utilisés pour leur effet tranquillisants, anti-délirants et contre la désorganisation des pensées. Ils sont utilisés notamment dans le traitement de certaines affections psychiatriques telles que la schizophrénie, les troubles bipolaires et certains autres syndromes comportant des hallucinations, un délire et de l'agitation psychomotrice.

3 : Au pied levé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

Dernier commentaire    Commentaires terminés   Fermer les commentaires
 
0 commentaire
 
 
 

Ajouter un commentaire

Pseudo : Réserve ton pseudo ici
Email :
Site :
Commentaire :

Smileys

 
 
 
Rappel article