posté le 18-01-2019 à 08:01:55

Grasse(86).

 
Elle devait me voir comme ça, Sandrine,
semi-transparent...
 (Sculpture en bronze de Bruno Catalano*)

 
  « Mais, pas de problème Sandrine, c’est avec plaisir que je te raccompagnerai chez toi à 17h ».

Cette phrase je me la répétais en boucle dans ma tête pendant que Sandrine se rapprochait de moi, pour être sûr de ne pas me tromper cette fois-ci.

Son regard me frôla un bref instant et elle changea de direction pour m’éviter, pour ne pas me demander de lui rendre ce service qu’elle avait réclamé déjà à trois de mes collègues.

Elle m’en voulait et je crois bien que c’était définitif !

Pour elle je n’étais qu'un ectoplasme* sans intérêt.

Pourtant je n’abdiquais pas et le Mercredi suivant à 13h05 je frappais à la porte de la salle 21, là où se tenait le club de poésie animé par ma bien-aimée.

Il y avait une quinzaine d’élèves assis autour d’un ensemble formé par la juxtaposition de dix tables.

Je pensais, quand même, que pour écrire des poèmes, la solitude et je dirais même une certaine souffrance de l’âme étaient nécessaires. Ici ce n’était qu’un brouhaha joyeux qui n’incitait certainement pas aux envolées lyriques et romantiques.

En me voyant, Sandrine vint vers moi, avec la mine renfrognée d’une mère supérieure dans un couvent de nonnes.

Elle me lança un regard chargé de cent flèches empoisonnées et me dit :

- Vous vous êtes trompé de salle ! Ici c’est le club poésie !

Que je traduisis immédiatement dans ma tête :

- Dégage connard !

Elle me vouvoyait en plus, pour étaler tout son mépris comme de la marmelade d’oranges amères sur une tranche de pain rassis.

Les élèves s’étaient tus et nous regardaient. Ils s’attendaient à assister à une dispute.

Elle en rajouta une couche (de marmelade) :

- Depuis quand les professeurs de physique s’intéressent-ils à la poésie !

Elle voulait me vexer, me blesser, m’achever.

Mais au moins, pour un bref instant, à ses yeux, j’avais perdu ma tunique défraîchie de fantôme.

J’étais debout à l’entrée de la salle et j’avais l’impression que d’énormes rivets en acier trempé traversaient mes pieds pour me souder au sol.

Sandrine me tourna le dos pour m’induire de toute son indifférence et moi, comme par miracle, je retrouvais l’usage de mes jambes. J’allai m’asseoir près d’une table laissée libre du côté de la grande fenêtre, mal isolée, qui laissait passer les humeurs capiteuses des parfums qui s’échappaient des cheminées des usines de la ville de Grasse.

Sandrine frappa dans ses mains pour obtenir le silence et déclara :

- Vous allez maintenant réciter les poèmes que vous avez appris.

Albin, Thierry et Océane passèrent au tableau à tour de rôle pour déclamer des poésies de Verlaine, Hugo et Rimbaud.

C’est à ce moment-là que je compris que Sandrine me préparait un coup vache…

Sans me regarder, bien en face des élèves, elle dit :

- On va maintenant demander à Monsieur N………, le professeur de physique de nous réciter un poème, s’il en connait au moins un, bien sûr !

Je me sentis devenir aussi rouge qu'un Apache timide.

J’étais à deux doigts de perdre la face devant tous les élèves. Il fallait que je trouvasse quelque chose à dire.

- Heu, j’ai bien appris dans ma jeunesse, des poèmes, mais j’ai oublié hélas beaucoup de vers !

Les élèves se mirent à rire.

Sandrine gloussa, satisfaite de sa vengeance.

Je devais reprendre la main, juste pour oublier les fesses si rondes de la prof de français.

- Oublions Hugo, Verlaine, Rimbaud et tous les autres, je vais vous réciter un poème bien meilleur que ceux des poètes que je viens de citer.

Sandrine se figea. Les élèves se cabrèrent.

- C’est un poème que j’ai écrit !

Ce fut soudain la grosse rigolade, une cacophonie que l’on entendit depuis la loge du concierge.

Ils étaient tous, prêts à se rouler par terre, morts de rire, devant l’incongruité*** de mon discours…

 

A suivre

 

 

Notes :

 

* Bruno Catalano est un artiste français né en 1960.

Son talent réside dans sa capacité à doter l'insaisissable matériel avec une essence transcendantale. Etant un rêveur romantique, son sujet-cause sculpté prend forme dans le cadre fantastique d'un monde idéal où l'amour, la paix, la beauté et l'harmonie règnent.

**Ectoplasme: individu sans substance ou insignifiant (péjoratif), créature immatérielle.

*** Incongruité: acte ou parole inattendus et choquants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 10-01-2019 à 18:33:59

Grasse(85).

 


Bon j’imaginais avoir compris pourquoi Sandrine m’ignorait complètement, c’était certainement à cause de mon refus  d’aller chez elle, un Samedi, pour l’aider à décoller la vieille tapisserie de son appartement. Je m’en voulais beaucoup, car ma bouche avait dit des phrases absolument contraires à ce que je pensais. Allez savoir pourquoi.

Il est absolument atroce qu’une personne que l’on aime beaucoup nous trouve vraiment antipathique. On se sent aussi mal qu’un arbitre qui entend dans le stade :

- A mort l’arbitre !

Ou bien quand on a un accident le premier jour où l’on circule avec sa voiture neuve.

C’est la tuile !

Je me contentais, à cause de tout cela, de la regarder, elle, de l’aimer en silence sans espoir de réciprocité. Ce n’était pas complètement négatif car son attitude alimentait mon inspiration poétique qui me permettait de « pondre » régulièrement un poème bio, du genre des œufs de Loué certifiés 100 pour cent bio ou label rouge.

A défaut de caresses, Sandrine devenait ma muse et malaxait mes neurones !

Je lui envoyais des mails anonymes et romantiques auxquels elle répondait en se moquant de moi, sans savoir qui j’étais et qui me vexaient profondément.

Sandrine était jolie et sexy, mais il lui manquait quelques brins de féminité qui font que la femme devient absolument craquante…

Un matin vers huit heures, alors que la ville de Grasse baignait dans une brume parfumée, Sandrine s’affairait devant le panneau en liège destiné à l’affichage des profs. Je la voyais de dos, ce qui était une bonne affaire pour moi. Elle était tout simplement en train de punaiser, sur la surface ligneuse et tendre, une feuille qui devait être une invitation à une randonnée de cinquante kilomètres dans l’arrière-pays niçois. Une pure folie quoi !

Quand elle quitta la salle des profs pour aller prendre ses élèves, moi, curieux comme une anguille-concierge, je me précipitais vers le panneau pour lire ce qu’elle avait écrit :

 

 

 

 

Pffff, de toute évidence, ce « presque » signifiait que je n’étais pas le bienvenu dans son club de m…e !

Elle avait la rancune tenace !

A cause d’elle, mon cœur semblait se fissurer comme celui d’une brebis promise au sacrifice.

Le lendemain, pour me venger d’elle, je mis un point d’honneur à ne pas reluquer ses fesses. Cela ne la toucha nullement vu qu’elle ignorait mon voyeurisme pédago-fessier.

Au début de la récré de 15h, nous étions quatre professeurs assis autour de la grande table de la salle des profs quand Sandrine entra. Il y avait Philippe, le prof de maths, Jeanne, la prof d’anglais, Basile le prof d’EPS et moi.

Sandrine avait un problème de voiture et elle demanda à Philippe, à Jeanne et à Basile, s’ils pouvaient la raccompagner chez elle à 17h. Les trois professeurs avaient un conseil de classe ce jour-là et furent désolés de ne pas pouvoir répondre favorablement à sa demande.

Il ne restait plus que moi. J’avais baissé la tête pour ne pas la gêner. Elle me jeta un regard furtif qui chiffonna brièvement mon cœur et elle vint vers moi.

J’avais déjà préparé ma réponse et je murmurais cent fois dans ma tête :

- Mais, pas de problème Sandrine, c’est avec plaisir que je te raccompagnerai chez toi à 17h.

Cette fois-ci, il ne fallait surtout pas que je me trompasse de phrase. C’était une question d’honneur, de survie même !

Et pourtant rien ne se passa comme je l’avais souhaité…

 

A suivre 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


Commentaires

 

1. la piote  le 10-01-2019 à 19:06:53  (site)

Bsr alain poète
C est trop chouette
Tiens tu ment encore
Pour la tapisserie
Apres l coup.de la pizza
J aime ce CÔTÉ
Charmeur
Menteur
Timide
Idiot
Sur de lui
Euuu t a VRAIMENT réussi
A pas regarder son arrière.....
A la fin
Où tu mithonne encore
J avoue j adore ton style
Tt ce mélange pas de personnalité
Mais tt ces moments inspirés
Bravooo
Au nom des Mots
CHAPEAU

as tu déjà composé en Duo ???

Bel Âme & Plume de Poète

Il y avait de la Lumière
J avoue ne point ÊTRE déçue
Merci l Ami
Bisous de moi
Bonsoir.

 
 
 
posté le 02-01-2019 à 10:10:57

Grasse (84).

 

Une rue dans le vieux Grasse.

* 

Dans ma tête commença à s’agglomérer une vague explication de l’attitude de Sandrine à mon égard.

Pour elle, j’étais un fantôme. Point barre !

L’année dernière elle avait décidé d’acheter un appartement dans le vieux Grasse. C’était sa première acquisition et cela la rendait excitée comme une puce. Le seul problème, c’est qu’il y avait des travaux à faire, surtout au niveau des peintures et des tapisseries murales qui avaient l’âge de leurs moisissures.

Moi je n’aime pas les appartements anciens ! J’ai comme l’impression de cohabiter avec des morts, les anciens occupants successifs qui, au fil du temps, étaient décédés dans ces lieux.

Un matin, à la récré de 10h, Sandrine vint s’asseoir à côté de moi. Mon seul regret, c’était qu’elle ne fût pas parfumée, mais au diable mon nez de chimiste, mon cœur se trouva soudain soumis à une brutale accélération comme celle que subissent les pilotes de formule 1 au démarrage d’une course de grand prix. Mes muscles, tétanisés, avaient la densité de l’ébène, ce bois noir des arbres géants d’Afrique.

Je n’osais même pas la regarder dans les yeux et je crois même que je me mis à loucher. Mais que me voulait-elle mon Dieu ? Je regrettais le temps ancien quand mes yeux de voyeur se contentaient de caresser ses fesses, de loin, quand elle avait le dos tourné. Elle paraissait gênée.

Son genou droit s’appuyait sur ma cuisse et j’avais l’impression qu’une dague acérée trifouillait dans ma chair. J’étais cloué sur place, sur mon fauteuil, comme un Jésus-Christ pédagogique. Elle était à peine maquillée, plus sportive que féminine, je dirais. Moi, je préférais qu’une femme fût le contraire, mais qu’importe, elle était près de moi, rien qu’à moi, mais pour combien de temps ?

Elle se pencha vers mon visage.

Je devins complètement idiot !

Même mes hormones mâles semblaient perdre de leur superbe, affolées, liquéfiées, désabusées et timides.

Elle murmura une phrase que je ne compris presque pas, comme si elle parlait dans une langue gothique.

- Alain, tu sais que j’ai acheté un appartement dans le vieux Grasse, mais il y a quelques travaux à faire. Ça te dirait de venir Samedi chez moi pour m’aider à décoller la vieille tapisserie ? Je te ferai une pizza !

C’est à ce moment-là que je fus nommé le plus grand taré de la galaxie, le débile profond de l’univers, l’idiot de toutes les constellations de l’hémisphère Nord et de l’hémisphère Sud, le nul parmi les nuls, l’illettré des sentiments,  car je lui répondis :

- Je n’aime pas les pizzas !

Elle me regarda, ébahie et se leva sans rien dire. Quand elle me tourna le dos pour aller s’asseoir à la grande table, je n’eus même pas la force de regarder ses fesses.

Je m’en voulais comme une mère qui abandonne son enfant sur la marche froide et humide d’une porte cochère.

J’étais le roi des imbéciles, car en fait j’adore les pizzas, toutes, aux fromages, aux champignons, aux fruits de mer, au jambon, des quatre saisons… Alors pourquoi ai-je répondu : « je n’aime pas les pizzas ! » ? C’est le mystère du siècle, plus difficile à comprendre que la mécanique quantique, que l’origine de l’homme, que les pensées de la femme…

Et depuis ce jour-là, maintenant je sais pourquoi, je suis devenu, aux yeux de Sandrine, un fantôme invisible qui hante le lycée…

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. quadrille  le 02-01-2019 à 13:07:39  (site)

Bonjour Alain ........Si tu savais a quel point tu me me fais plaisir ( tu vas rire, mais ça me flatte beaucoup ) de lire les épisodes ( je le suppose) de ta vie de Prof ...Tu écris d'une façon magistrale , moi qui n'a pas eu la chance d'aller loin en étude , je baille devant ta façon de t'exprimer sur le papier ...Là tu as râté le coch en étant couillon (comme tu le sais , je suis du côté des expressions populaires) , pas érudie pour un rond , mais je pige tout de méme assez rapidos ....crois moi ...( je me suis farçie beaucoup de ( San An Antonio) ......Ceci dit , t"as fait le con , en plus pour coller du papier peint on ne te demande pas d'avoir fait des études a la Sorbonne pour ça .....Moi j'ai bien fait mon entrée toute seule comme une grande ( de ma faute je n'ai aucune patience ) fallait que ce soit fait tout de suite ...Bref , t"as de grosses boules a présent ( partout je le précise ) ( rire ) tout ça pour une Pizza , en plus c'est succulent , au pire si le coup avait éte chiasseux t'aurait au moins pû bouffer quelque chose '( je plaisante ) ...Moi aussi c'est fou ce que j'aime rire et là je me régale ......Bref quand on a le feux au chaudron faut pas perdre une ocase ....Elle reviendra te fais pas de bile, .....C'est mathématique ( pas que je sois une virtuose des maths , mais je connais les mecs par coeur ) .....On lâche pas façile nous les femmes des ocases qui nous paraissent extra pour passer le mur du son ......C"est fou ce qu'il se passe dans les colléges , ce serait a refaire je crois que je fonçerais dans ce domaine là, au moins là on a des agréments qui réhaussent les payes ....Bon je vais arrêter mes grosses bétises , pas que chez moi j'ai un boulot fou , mais ou je demeure il y a une femme handicapée et qui est dingue des films fantastiques ( comme moi d'ailleurs ) alors je lui fais plaisir en lui en enregistrant de temps en temps ...C'est ma façon de faire une bonne action et puis ça ne me coûte pas grand chose ...Pour moi c'est un plaisir , j'ai des actions la haut ( rire ) ........Je te souhaite une merveilleuse Année ainsi qu'a ton entourage , des grosses parties de galipettes , te donner a fond et de bouffer le plus de pizzas qui te serons offertes pour services rendus ( je blague oui et non vu ton tempérament ...... Prend aussi des vitamines pour compenser ( rire ) ......A++++Bise ....LiliImage

2. Zigzag  le 03-01-2019 à 11:24:31  (site)

Bonjours
Idiot
Timide
Euuuu y à du boulot lolll
Pour ÊTRE honnête
J ai bien rigolé

Aller j vous rassure
Vs n éte pas l seul homme ainsi

G pas pigee de repondre que vous n aimiez point les pizzas loll
Soit fallait l embrasser ou se taire allez savoir.

J ai appréciée de vous lire
Je reviensrai pour sur
Queljes bises sympathique MERCI

3. quadrille  le 03-01-2019 à 12:09:43  (site)

Bonjour Alain un petit coucou pour ce matin entre deux façons de retaper mon appart , et oui les décors doivent étre retiré, et rangé dans un placard pour l'année prochaine si Dieu me prête vie ( Oh que c'est beau ) Je fais toujours dans le sublime tu ne trouves pas ? dans un sens faut tenir bon le gouvernail et je suis un bon petit matelot .... ..Et oui les fêtes son terminées , maintenant faut faire le bilan du compte en banque pour beaucoup , vu que le macaron est large des fesses quand il mange des pruneaux ( pour les primes on s'assoit dessus) ..Note bien que c'était prévisible , j'espére que personne ne lâchera les Rennes , car il faut que ça chance ! pas de quartier , faut que ça péte ou que ça craque !!! , trop de gens tirent la ficelle et ce n'est pas logique ...Je ne me met pas en avant du tout , mais si l'on est quelqu'un de gentil il ne faut pas que ce regarder toujours le nombril ....Dans mon bled , je n'ai pas trop de rapports avec les autres ou peu , juste des bonjours ça va et puis c'est classe , mais je suis lucide et devine que dans certaines maisons les fonds manquent , je vois ça aux parres brise des voitures beaucoup de jaune dedant ...Je voulais te dire aussi du fait que l'on soit ( je le suppose) deux bons copains , je vois ça de cette maniére , je respecte toujours la vie de ceux que j'appreçie par écriture ,( alors pas obligé de ta part de claironner mes coms ) ( je plaisante ) note bien que comme ça c'est valable car sur le net il y a des bons mais aussi des spéciaux qui montent tout en épingle et c'est là qu'il faut etre prudent , pas que je me cache , mais j'aime l'honneteté avant tout ...Et puis avec toi on peut aussi se dire ce que l'on a dans la caraffe , que tu aies des fantasmes je le comprend a l'aise et ce n'est pas condamnable , j'ai vecu avec un homme qui avait vraiment de quoi étre compris , alors je suis bien placée pour ne pas juger ......Je suis trés contente que l'on puisse s'écrire , simplement fais moi comprendre sur mon blog (tu vas trouver les mots ) que t'as pigé mes intentions de ne pas faire en sorte d'avoir des critiques de certains car sur le net il y a aussi des pas clairs du cerveau ...Voila une relation que nous devons garder trés propre et pas de choses qui blessent , rien que de discuter en bon potes ....Moi je suis vaccinnée contre tout , et le pire c'est que j'ai ma dose de gens connards, alors avec toi je revie dans un bon sens ...Je dois avouée aussi que amies femmes je n'en ai pas beaucoup du fait que j'ai toujours bossé avec des hommes et je preférais ça l'aise , mais certaines sont vraiment avec une bonne mentalité ..C'est comme dans tout faut selectionner .....J'attend un petit mot et espére que les abus des fêtes ne t'ont pas trop fouttues sur les jantes sinon prend du repos et de quoi te retaper .... Bise a+++++Lili Image

4. Zigzag  le 03-01-2019 à 14:23:50  (site)

Re moi
Te sais la nana qui va vous sortir de drôles et humm positions loll durant l année.....car j avoue qu il.m.faut de quoi trouver les idées....
Donc tu oses mentir dans tes piots ÉCRITS de toi on osant m avouer que tu aimes les pizzas.....chai point pourquoi mais jm en doutai lolll
Donc tu aimes certaines positions haha comme les années erotikes j pense un .....oui je sais jn ai point ma langue dans la poche sinon cela se saurait

Ho my god
Bon Allé quoi.dis moi les positions quoi soit point farouche
Chui point une mouche
Mdr
J ai lu ton avant dernier ecrit j avoue
J aime VRAIMENT te lire
Au moin jme dis oufff
Chui.pas seule a ÊTRE barge à m imaginer des choses tu gagnes donc un point loll
Merci de ta visite j ai appréciée

C bizard mais chui.sur de t avoier déjà lu sur vef mais sur un autre speudooo

C est possible où pas seul toi le sais un
Sur ceux jt embrasse de loin car si tu viens de te gaver de piezas rire j PRÉFÈRE pas ressentir les odeurs

Évidemment tu comprendras que j ai un style à rire j aime bcp plaisanter donc à prendre au 1°

Je t ai mis ds mes FAVORIS

Chui tombée accro non de toi mes à tes Mots
Qui sont loin d ÊTRE IDIOT

Merci.Alain le baratin lol Sourire

Bisouxxx de moi affectueux et chaleureux et MERCI

5. quadrille  le 03-01-2019 à 15:39:27  (site)

Re moi ...Lili ...Merci Alain pour ton gentil com , il est vrai que de délirer ça fait plaisir ; ça n'engage a rien et en plus ça ne fait de mal a personne ...Pour ton ménage pas trés chaude, mes heures sont comptées et puis j'évite la pizza ça fait grossir ..Jsuis pas vraiment au régime, mais avec les fêtes j'ai dépassé méme beaucoup l'ordinaire , alors je me goinfre moins a présent ( rire )...Je pourrais eventuellement si mon temps le permet , faut que tu me mettes au parfum pour les heures et le tarif , te dire que je ne travaille pas en étant payé avec une citrouille ou deux bottes de poireaux comme ça se pratique dans les campagnes ..Je ne fais aucun cadeau , des vrais biftons certifiés venant de la banque de France et non de la banque Tintin ( rire ) Des fois on est heureux de trouver des personnes qui captent bien ce que l'on veut leur faire comprendre ...Je suis aujourd'hui décidée de faire comme d'ab , c'est a dire inventer des conneries pour me faire rire ....Vu le temps qu'est pas au top du tout, jsuis obligée de rester dans mon appart tranquillome sans chercher a me crever de trop ...Je sors ma Chienne , obligée.... je te joins sa photo ...Oui on peut carrement s'évader de cette façon ...As tu bien récupéré ? j'espére que oui ...Moi c'est o poil..., je me suis ingurgité des cachetons , du truc pour digérer vu que j'ai l'estom fragile ...Bon ça peut repartir comme en 14 ... Je vais encore tenir bon pour voir ce que plus haut ils nous mijotent comme surprise du chef , on va avoir encore a carmer dur pour 2019 ....J'ai beau faire des sourires a la quatre quatre vingt quinze a mon banquier ça ne marche pas , faudra que je revise ma méthode , je vais lui faire le coup de la pizza '( rire ) note bien que mon papier peint est mit dans le couloir ( je vais lui faire faire mes chiottes ) Bon je trouverais bien !!!!Je vais sortir ma Chipette vu quelle me file des coups d'oeil comme la cosette des misérables ...Je repasserais dans peu de temps et je te dirais ce que j'ai trouvé comme astuce pour que mon banquier soit plus compréhensif avec le peuple, mais j'en doute fort ...Bise Image.A++++Lili

6. quadrille  le 03-01-2019 à 17:07:09  (site)

Bonsoir Alain ....Je repasse vite fait te souhaiter une belle soirée et surtout encore une trés belle année pleine de jolies surprises , des tas de bons festins en prime pour des travaux chez des belles conquettes , bref vas y mou ...Moi régime jockey cette semaine ...Ensuite j'aviserais selon mes humeurs .... Prend bien coin de toi ;repose toi pour avoir une forme olympique pour la rentrée et oui ça va venir vite ....Bise A+++++Lili.Image

7. quadrille  le 03-01-2019 à 20:03:39  (site)

Je passe te dire Bonsoir Alain ..J'y pense ( j'allais oublier ) demain je fonce voir mon banquier il faut qu'il me donne des papiers , je me suis assuré chez lui pour un autre motif que ma voiture et faut que l'on discute pour ne pas me faire baiser comme dans le fond d'un bois ..Note bien qu'il n'est pas mal du tout , mais quand je regarde ses yeux il me faut penser a un chat qui chie dans la braise ( rire ) Grand, brun l'air con , mais pas pour le pognon il fait le maximum pour nos enfler ...Bon je prend ma douche vite fait, j'ai un rhume je couche a poil mais avec une écharpe autour cou , je sais pas si cette mode prendra, mais tant pis... . Dors bien fait de beaux rêves..... bise ...LiliImage

8. quadrille  le 04-01-2019 à 11:02:21  (site)

Bonjour Alain , je suis presque prête pour aller dégivrer ma tire , ce matin ça caille dur dans mon secteur , tout est blanc .Je vais aller voir mon banquier , il a reculé le rendez vous et l'a mis pour 2 heures cet aprem, en me filant un coup de fil a 9 et quart et des brouettes vu que j'étais mal reveillée , dans un sens ça m'arrange vu le verglas , j'espére qu'il sera en forme en forme pour m'écouter car je ne vais pas lui filer une couronne de laurier pour la tenue de mes comptes , vu il a fait un bisou a mon blé et ça ne me plait pas beaucoup , il a rajouté des frais a la con et c'est stressant ...Bon aprés lui avoir mis les barres aux T et les points sur les I je me sentirais soulagée ...Je m'en fou de sa gueule, ce qui compte c'est qu'il ne se fasse pas ses dimanches sur ma tronche .....Aprés avoir vidé mon sac je respirerais bien mieux ...Je te souhaite une belle journée , moi j'ai un rhume qui me tracasse , j'ai cette nuit endossé un petit lainage j'avais de la fiévre , mais ça va passer... la béte est coriace ....Bisou A+++++Image

9. quadrille  le 05-01-2019 à 11:20:09  (site)

Bonjour Alain ..Oui tout s'est bien passé j'ai su ( une fois n'est pas coûtume ) prendre sur moi pour expliquer gentiment que je suis révoltée par leur comportement de nous sucré du blé sur ce que l'on a si durement gagné ..Sans étre pingre , mais le pire c'est que je surveille mon compte sérieusement et je savais qu'il y avait un os quelque part ...En fait ils ont mis un nouveau a l'acceuil qui est un peu paumé ( un assez jeune ) et celui ci m'avait un peu démoralisé , en plus j'ai mal saisi ce qu'il m'a expliqué ..J'ai de suite vu que je devais prendre cette faute sur moi , afin de ne pas lui faire de tort ..Il a m'a d'ailleurs l'orsque je suis partie fait un grand sourire , il a pigé que je ne voulais pas le mettre en cause , Ca n'aurait servit a rien vu que j'ai ce qu'il me faut sur mon compte , alors ça c'est trés bien terminé .Pour le dirlo ( je ne l'ai pas embrassé) surtout pas !! tu vas rire , mais il refoule un peu du goulot j'ai senti ça quand il s'est approché et qu'il m'a dit bonjour , je suis assez allérgique a ça ( on se lave les chocottes chez moi ).... Bref je suis rebarrée tranquille et rassurée pour mon grisbi.....J'ai un peu flané dans le bled et puis je suis rentrée vu le froid , c'est vrai ça caille dehors Ce matin j'ai lu ton com , te fais pas de mouron , je te connais un peu et avec ton job pas facile de faire des écritures autres que pour tes éleves alors je t'écrirais tout méme te casse pas le bourichon , je comprend la vie de ceux qui turbinent ....Et oui je suis assez contente d'avoir fait la route et d'avoir pû constater que ma bagnole tournait au poil , vu que j'avais fais des gros frais dessus ...Je pense que la neige se pointera peut étre bientôt mais pas d'afolement c'est de saison ...Je retourne dehors pour ma chienne , et ensuite je range chez moi vu que je n'ai pas fait de prouesse depuis aprés les fêtes ...Je vais retirer les fanfreluches que j'avais mis dans mon entrée avec éclairage de différentes couleurs led (Je suis un peu snob sur les bords ) D"ailleurs chez moi j'ai la folie d'avoir de jolis éclairages ...Et puis le led ne revient pas cher et c'est grandiose si l'on veut bien y regarder ...Voila pour ce samedi qui s'annonce trés froid , grisonnant , et de ce fait pas trop de quoi vouloir faire le con dehors , non je suis assez frileuse , mais je n'aime pas non plus les grosses chaleurs , je suis difficile dans mon genre ...Je te dis a++++et prend bien soin de toi surtout et je te souhaite de retrouver ta Lola ( elle va dépérir avec son métier , tu vas la retrouver décrêpie la pauvre ) ...Bise A++++++LiliImage

10. quadrille  le 05-01-2019 à 15:15:14  (site)

Re moi ...Excuse Alain pour l'image jointe quoi quelle soit trés jolie , mais j'ai confondu avec le blog ( com fait aussi aussi a la méme heure) de mon amie fidéle Fanfan qui est une mére admirable et que j'appreçie beaucoup bref...... Là je te joins l'image destinée ( rire ) ...Je suis trés contente de pouvoir papoter avec toi de temps en temps ( une bonne façon de me défouler ) Je penserais a toi lundi car tu vas retrouver tes petites terreurs ....Mon banquier m'a mit un Mail ( il a peur de paumer mon compte ce faux jeton ,il m'a mit de ne pas m'inquietter ( quel connard ) Je m'en fous , je joue le jeu et je lui passe de la pommade a ce pu de la tronche ( rire ) ...Je suis contente corvée terminée ....Je vais attendre car ma fille va passer cet aprem , bicause les fêtes sont finies et elle est fauchée alors je suis là dans ces coups là ...Et puis elle doit me rapporter un portable quelle m'a emprunté ....Je te souhaite une belle soirée et surtout une bonne rentrée dans la cage aux fauves , prend de quoi te protéger on ne sait jamais ( rire ) ...Donne moi des nouvelles assez rapides , ça m'evitera de m'inquiétter sur ta superbe personne , on ne sait jamais une amoureuse qui tomberait en transe et qui te démolirait tes bijoux de famille ...Faut gaffer a ça aussi , des hystériques ça ne manque pas sur cette terre et puis vu le mec c'est prévisible , on se l'arrachent le beau Prof ( ' je plaisante ) .....A+++++bise ......LiliImage

11. quadrille  le 06-01-2019 à 11:32:38  (site)

Bonjour Alain , je m'excuse sachant que tu fait tes valdingues pour aller au boulot lundi matin ( c'est a dire demain ),mais ça me démange de te mettre un petit mot ce matin alors vu que j'ai du turf sur la planche avec un boulot reculé depuis longtemps , et oui j'ai négligé certains trucs avec les fêtes et il faut que je ramarre ., et avant de démarrer je te met cette petite bafouille .Pour le quartier Opéra , j'y ai demeuré pendant plusieurs années ,je travaillais dans une imprimerie , je m'y plaisais bien ....L'opéra j'y suis allée deux fois voir deux opéras ( mon dada ) La Tosca de Puccini et La Traviata de Verdi , te dire que je me suis régalée c'était superbe ..J'avais loué une tenue trés jolie , trés a mon goût ( obligé ) fallait que je présente bien , on n''y rentre pas trop en tenue de travail ( je plaisante ) , c'est assez surveillé , mais c'est magnifique vu de l'intérieur ..Bref pour te dire que j'ai adoré mon passage dans ce quartier ( 5 années ) aprés je suis allée quartier Vaugirard , prés de la Rue de Rennes , trés beau passage aussi ...pas loin de la gare Montparnasse ' toujours dans le boulot de la presse ....Bref ce sont de magnifiques souvenirs ....Et aprés et bien j'ai rencontré un pompier de Paris ( a l'ocasion d'un bal dans le quartier ) nous nous sommes plu , et plumate ( rire ) et il m'a épousé, bref a bien regarder j'ai eu une belle vie dans la capitale ( qui est mon lieu de naissance .)...Autrement si tu sais jouer du piano, je peus étre prés de toi pas de bléme ( je rigole ) Je te souhaite une belle journée , une rentrée pas trop stressante et je dis A++++++Bise ....LiliImage

 
 
 
posté le 23-12-2018 à 08:11:01

Grasse (83).

 

 

 

Chez moi, pendant la nuit qui suivit, mon lit ressembla à une gondole à Venise. Comment voulez-vous dormir dans ces conditions ?

Pour elle je n’étais qu’un fantôme, une sorte d’ectoplasme gélatineux pratiquement invisible.

J’avais donc son adresse mail et je comptais bien m’en servir ! Comment ? Mais tout simplement en lui envoyant des messages anonymes. J’avais aussi une adresse mail, mais avec mon nom, ce qui la rendait inutilisable pour ce que je voulais faire.

J’en créais une nouvelle : tonregard@yahoo.fr et un soir je me lançais à l’eau aussi courageux qui chat hydrophobe. Je rédigeais ce mail :

 

Date: …………………….

From: tonregard@yahoo.fr

Subject: Bonjour

To: sandrine….@hotmail.com

 

Les passantes de Georges Brassens.

 

Je veux dédier ce poème,

A toutes les femmes qu'on aime,

Pendant quelques instants secrets,

A celles qu'on connaît à peine,

Qu'un destin différent entraîne

Et qu'on ne retrouve jamais.

……………………………………………….

……………………………………………….

……………………………………………….

……………………………………………….

         

Alors, aux soirs de lassitude,

Tout en peuplant sa solitude,

Des fantômes du souvenir,

On pleure les lèvres absentes,

De toutes ces belles passantes,

Que l'on n'a pas su retenir.

 

 Rapidement je reçus la réponse suivante :

 

Sandrine…. <sandrine….@hotmail.com> a écrit :

 

pfffffffffffffff, ridicule !

 

 

 

Cela commençait mal !

De toute évidence elle n’appréciait pas Georges Brassens.

Je ne voulais pas qu’elle me reconnût ! J’avais bien envie de tout abandonner, laisser moisir dans ma tête tout l’amour que j’avais pour elle. Un amour tout à fait platonique ! S’en rendait-elle compte au moins ?

Alors pour atténuer ma déception, je pensais à mon véritable amour, à Lola la pute qui devait vivre un enfer dans un bordel de Bamako ou sur les trottoirs de cette ville, la nuit…

J’avais envisagé, il y a quelque temps, un voyage  là-bas, dans ce lointain pays d’Afrique pour aller la chercher ou la délivrer plutôt, mais je manquais d’énergie et de courage. Périodiquement pourtant ma volonté semblait grignoter ma couardise  qui ne se laissait pas faire et qui regagnait sans peine le terrain perdu.

La journée qui suivit, au lycée, m’enfonça un peu plus profondément dans cette mélasse dans laquelle je semblais naviguer et sans rame en plus.

Dans la salle des profs, nous étions tous assis dans les fauteuils, huit en tout et autour de la table centrale, rectangulaire et encombrée de feuilles et de revues diverses. Sandrine, grande sportive, organisait pour le week-end une randonnée du côté de la vallée des merveilles et circulait dans la salle avec une feuille dans la main pour noter le nom de ceux qui désiraient y participer. Elle allait comme ça de prof en prof, gentille et souriante et notait le nom des volontaires. Elle s’adressa à tous, sauf à moi. Elle m’ignora complètement comme si j’étais absent.

Pourquoi ?

Me trouvait-elle à ce point antipathique ou avait-elle deviné que le mail anonyme avait été envoyé par moi ? Peut-être avait-elle perçu mes regards qui la caressaient en silence et elle ne voulait pas me laisser espérer la moindre relation avec elle ?

Je ne voulais plus penser à tout ça et pourtant, vers 16h42, en plein contrôle de chimie avec une 1èreS, je me souvins d’un événement  survenu l’année dernière et qui expliquait, peut-être, le comportement de Sandrine…

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 07-12-2018 à 18:53:34

Grasse (82).

 

Le lendemain matin, comme un clown désenchanté, après un quart de nuit sans dormir à cause du conseil de classe de la veille, j’ouvris mon casier situé sur un mur de la salle des profs. Il était 7h45 et déjà quelques professeurs aux cerveaux périmés, hantaient ce lieu, véritable sas de décompression avant la plongée brutale vers les grands fonds pédagogiques, les salles de classe et peuplés de créatures monstrueuses, les élèves.

Derrière moi, une grande table d’au moins trois mètres de long, autour de laquelle étaient assis Philippe, le prof de maths atteint d’aboulie* chronique, Jeanne la prof d’anglais aux yeux globuleux qui se prétendait presque vierge, Marilyne la prof de philo à demi-divorcée d’Emile, un mari jaloux, professeur de tir à l’arc, qui avait failli nous surprendre un soir dans une position d’acrobatie sexuelle et Sandrine, la prof de lettres modernes, qui avait hérissé mon épiderme à cause du contact de sa cuisse sur la mienne et qui avait affiché à mon égard un mépris indifférent et moqueur.

Tous ces enseignants, atteints de logorrhée** professionnelle, remplissaient la salle de leurs phrases et de leurs rires plus que forcés.

Dans mon casier j’aperçus une enveloppe de couleur rouge qui m’inquiéta quelque peu. Je l’ouvris et je sortis une feuille blanche sur laquelle était dessiné grossièrement un cœur rouge lui aussi. Brusquement le silence se fit dans la salle et j’eus l’impression que quatre paires d’yeux étaient posées sur mon dos. Etais-je victime d’une plaisanterie de mauvais goût de la part de mes collègues qui avaient été contaminés par la facétie méchante de leurs élèves ? Je me retournais brutalement pour les surprendre, mais hélas ils avaient tous repris leur activité de bavardage aigu et semblaient m’ignorer complètement.     

Alors qui avait eu l’idée de cette blague de mauvais goût ?

Jeanne qui semblait amoureuse de moi ?

Philippe ? Non, pas possible aboulique comme il était !

Marilyne qui aimait bien décortiquer, en bonne philosophe, les émotions de chacun ?

Je penchais plutôt du côté de Sandrine qui était assise à côté de moi lors du conseil de classe de la veille et qui m’avait vu, pendant une heure, dessiner des cœurs avec mon stylo rouge. Elle voulait se moquer de moi de toute évidence.

Je me sentais ridicule, humilié presque, aux yeux de mes collègues. J’allai dans le coin de la salle pour m’asseoir dans mon fauteuil préféré et je dressai des barricades virtuelles (en faisant la « gueule ») pour décourager toute tentative de dialogue avec les autres, les traîtres…

A la récré de 10h, Sandrine m’ignora complètement comme d’habitude et moi je reluquais ses fesses, moulées dans son jeans, quand elle se pencha un peu pour extraire de la machine à café son gobelet de thé fumant parfumé au plastique.

Elle alla s’asseoir pas loin de moi, près de sa copine, la prof d’allemand, pour la convaincre de participer à une marche de dix kilomètres le dimanche suivant. Quelle horreur ! Je tendais l’oreille pour capter des informations de filles… Finalement elles échangèrent leur adresse mail pour confirmer ou infirmer la sortie. J’avais bien fait de les espionner un peu car je pus graver dans mon cerveau son adresse mail : sandrine….@hotmail.com.

Avec cette information capitale, j’avais de quoi faire…

 

A suivre

 

Notes :

 

* Aboulie : absence maladive de volonté, incapacité d'agir.

** Logorrhée : flux de paroles. Besoin maladif de parler qu'éprouvent certains sujets en état d'excitation psychique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 24-11-2018 à 08:32:28

Grasse (81).


                                     Un conseil de classe passionnant... 

 ****

Sandrine était donc assise à côté de moi, à ma droite.

Moi, je ne savais plus où je me trouvais. C’était la première fois que j’étais aussi proche d’elle et que même parfois, quand elle bougeait sur sa chaise, sa cuisse entrait en contact avec la mienne. Comment voulez-vous qu’avec ça, mon cerveau ne soit pas comprimé par les mâchoires puissantes d’un étau émotionnel. Je sentais parfois, ou peut-être je le croyais tout simplement, la chaleur de sa jambe qui irradiait ma peau à travers son jeans et mon pantalon. Autant dire que le conseil de classe se déroulait sans moi !

Sandrine m’ignorait totalement ! Je devais être aussi transparent qu’une vitre nettoyée avec « vitro-clean » par une femme de ménage méticuleuse. Elle parlait avec son voisin de droite, le prof d’EPS qui la faisait rire avec ses blagues à deux balles.

Le proviseur égrenait les noms des élèves par ordre alphabétique et moi je m’ennuyais près de celle qui faisait bouillir mes neurones. J’aurais tant voulu lui dire une phrase ou même un mot, mais rien ne sortait de ma bouche. J’avais l’apparence d’une personne qui avait été piquée par une horde en furie de mouches tsé-tsé affamées et sanguinaires. J’entendais, comme dans un brouhaha de hall de gare, mes collègues donner leurs avis sur tel ou tel élève. Moi, je n’intervenais pas.

Et puis le silence se fit brutalement dans la salle. Je fus un peu surpris et j’entendis la voix du chef d’établissement qui grondait presque :

- Alors que pensez-vous de cet élève Monsieur N….. ?

Tout le monde me regardait, attendant ma réponse. Je me sentais perdu dans un labyrinthe infernal et paranoïaque.

Je ne pus que dire :

- Heu, de quel élève ?

Et Sandrine éclata de rire. Elle murmura quelque chose dans l’oreille du prof d’EPS qui devint hilare à son tour.  

Le proviseur crut bon d’en rajouter une « couche » :

- Monsieur N… a dû synthétiser un gaz soporifique dans son labo de chimie ! Laissons-le dormir !

Et le conseil de classe reprit son cours normal.

Vexé je décidai de ne plus parler dans ce conseil, ce qui ne dérangea personne. Je m’en voulais beaucoup d’avoir donné à Sandrine une telle image de moi, une sorte de larve gluante et repoussante. Jusqu’à 21h je me contentais de faire de petits dessins sur une feuille comme un élève paresseux qui s’ennuie.

Je gribouillais des bombes, des pistolets et des cœurs, des cœurs et encore des cœurs comme un adolescent boutonneux.

A la fin du conseil, Sandrine quitta la salle sans même me jeter un regard, fût-il de mépris.

Le lendemain matin, dans la salle des profs, en ouvrant mon casier, je trouvai une enveloppe dont le contenu me transforma en une statue de sel…

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. quadrille  le 04-01-2019 à 13:25:16  (site)

Re Bonjour Monsieur Alain ( je plaisante ) je vais filer pour me défouler sur un qui commence a me gonfler sérieux ,qui turbine ( ça c'est pas un cadeau ) dans une entreprise de filous ......Si je te casse les joyeuses menu c'est qu'en écoutant les infos de midi j'ai éte contente , on va avoir toutes les couleurs de l'arc en ciel qui vont montrer leurs mécontements a macaron ...C'est au tour des crayons rouges ; tu dois étre au courant , c'est un prof de philo qui a pris les rennes ce matin ou hier bref , c'est tout de méme super bien ....Tout ça pour dire que je suis solidaire a fond la caisse ...Je te laisse faut que j'enfile ma pelure pour prendre la route ..En fait je suis comme les oignons ces temps ci j'en ai plusieurs couches sur le paletot........Bise A++++++++Lili

 
 
 
posté le 11-11-2018 à 08:46:20

Grasse (80).

 ***

Sandrine, côté pile...

*** 

C’était Sandrine, la prof de français ou plus précisément de lettres modernes.

Moi, j’étais dans mon coin, pétri d’ennui et de fatigue et surtout je ne voulais avoir de contact avec personne.

J’attendais.

A 19h, j’avais un conseil de classe et il n’était que 17h20 !

J’avais le temps d'admirer la poussière se déposer sur les objets et il me semblait que je regardais un film d’épouvante dans un petit cinéma de quartier, poussiéreux comme l’espoir.

Les profs allaient et venaient et parlaient, parlaient, parlaient ! Où trouvaient-ils encore la force de déblatérer* après une journée de cours passée dans des sortes de tranchées pédagogiques ?

J’avais forgé un bouclier virtuel pour me protéger des attaques verbales du front d’en face : je faisais la « gueule », les yeux baissés, aussi sympathique qu’un schizophrène privé de neuroleptiques.

Le temps avançait avec peine comme un radeau en fin de vie sur un fleuve au fond caillouteux.

Il y a une chose que je ne devais pas faire : poser les yeux sur elle !

Et pourtant, je sortis perdant d’un combat mené contre moi-même. J’eus l’imprudence de la regarder, Sandrine, quand elle me tourna le dos pour se programmer un thé à la machine à café. Quelle erreur ! Je me sentais un peu voyeur, mais tant pis, je me mis à reluquer les fesses de Sandrine.

Les fesses de Sandrine !

Moulées dans un jeans plutôt délavé, elles avaient l’arrondi parfait des mappemondes de mon enfance. S’en apercevait-elle que mes yeux caressaient le bas de son dos ? Peut-être, car brusquement elle se retourna vers moi comme pour contempler un fantôme. Aussitôt, je baissais la tête comme un spectre timide : jamais je n’aurais supporté qu’elle devinât mon manège, digne d’un vieux pervers.

Sandrine représentait pour moi un petit soleil qui éclairait le coin obscur dans lequel j’étais assis, vautré dans un fauteuil qui m’engloutissait. Et bien vite elle passa à autre chose, assaillie par ses collègues bavards comme des mitrailleuses qui avaient perdu la tête.

C’est que Sandrine, depuis toujours, m’ignorait comme un gros furoncle mal placé que l’on veut cacher.

Elle, ne me voyait pas et moi je faisais semblant de ne pas la regarder. Je dois avouer que Sandrine m’impressionnait ! Elle était grande, jolie et sportive et moi je me situais (surtout dans ma tête) à l’opposé d’elle. Alors moi, quand j’étais dans la salle des profs, avec les autres et avec elle, mon cœur avait des sursauts de tachycardie  dignes de ceux des coureurs cyclistes complètement dopés à l’EPO**.

J’en arrivais même à oublier la pauvre Lola, peut-être à jamais perdue dans un bordel de Bamako.

Sandrine, ce n’était pas mon amour à moi, ce n’était qu’une muse spirituelle qui faisaient grouiller mes vers. Pas des asticots, mais les vers de mes poèmes qui, grâce à elle,  pullulaient dans ma tête.

A 19h10, le conseil de classe commença et par un hasard funeste, à la grande table de réunion, je me trouvai assis à côté d’ELLE.

Pauvre de moi !...

 

A suivre

 

Notes :

 

* Déblatérer : Parler de façon véhémente contre quelqu'un ou quelque chose. (familier).

** EPO : L'érythropoïétine est connue pour être utilisé comme agent dopant par certains sportifs afin d'augmenter leur endurance et leurs performances (particulièrement les marathoniens et les cyclistes). L'amélioration de la vitesse des cyclistes utilisant de l'EPO est parfois évaluée à environ 10 %. Ce type de pratique dopante peut avoir des conséquences graves, parfois même mortelles. En effet, l’injection d’érythropoïétine synthétique augmente chez un individu la quantité de globules rouges et peut faire passer l'hématocrite de 45 % (chiffre normal) jusqu'à 65 % (chiffre beaucoup trop élevé). Au cours d’un effort physique prolongé, le sportif imprudent qui a eu recours à un tel procédé voit son sang se transformer en une pâte visqueuse et épaisse (hyperviscosité sanguine), susceptible d’entraîner la formation de caillot et de thromboses. Dans ces conditions, les accidents vasculaires cérébraux ne sont pas rares, et une défaillance cardiaque peut même survenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
 

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