posté le 19-01-2018 à 18:58:10

Grasse (46).

 

 

Deux semaines de cours et déjà le bateau qui tangue !

Dans la salle des profs, au lycée, on a l’impression, pendant les récrés, que l’on redoute l’arrivée d’un cataclysme. Alors on se blinde avec des carapaces virtuelles faites de mots qui sont sensés  éloigner le mauvais œil.

Moi, fidèle à mon coin, je me réfugie dans mon fauteuil bleu pétrole au tissu défraîchi et je guette l’ennemi ! Le voilà qui approche ; c’est Jeanne la prof d’anglais toujours apparemment aussi demi-vierge que l’année dernière.

Elle vient s’asseoir à côté de moi et commence à me noyer avec sa logorrhée* qui pue le camembert. Je ne réponds pas, je fais semblant de l’écouter, c’est tout et cela lui suffit. J’ai l’impression qu’elle a envie de quelque chose. Elle a une bouche qui s’arrondit en permanence comme pour épouser le bec d’une flûte.

Aurais-je l’audace de lui présenter mon instrument ? C’est que, ses lèvres humides me font penser à bien des choses, ce qui entraîne forcément la solidification de ma chenille intime. Vais-je lui proposer de dévorer mon esquimau viril dans les toilettes de la salle des profs? Vais-je arriver à atteindre le Nirvana avant la fin de la récré ? Je crains, qu’à force de patauger dans la salive chaude de sa bouche, mon esquimau viril ne se rabougrisse et refuse de jouer à la lance d’incendie. Je lui dis quand même :

- Jeanne, tu veux bien venir avec moi dans les toilettes ? Il nous reste cinq minutes avant la reprise des cours.

Je me lève et je me dirige vers l’endroit indiqué. Elle se lève aussi et me suit sans rien dire…

 

 

A suivre...  


 

 

    * Logorrhée : pathologie du langage qui conduit le malade à  

                         déverser un flot rapide et ininterrompu de paroles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 12-01-2018 à 18:48:38

Grasse (45).

Les nouveaux professeurs,
équipés pour survivre
en milieu hostile.
 

Une nouvelle année scolaire qui commence, c’est une traversée périlleuse sur un bateau qui prend l’eau. On navigue à vue dans un océan infesté de requins. Il y a bien quelques gilets de sauvetage et quelques canots décrépis, mais pas pour tout le monde !

La nuit qui précède la rentrée, ressemble à une veillée funèbre ; impossible de dormir  et le temps freine des quatre fers. On a l’impression d’être prisonnier dans une zone qui côtoie l’enfer.

La prérentrée, aussi ennuyeuse qu’un film de Costa Gavras (1), n’était que la répétition des précédentes. On attendait seulement notre emploi du temps, distribué par le censeur-sadique en fin d’après-midi.   Un emploi-du-temps-bombe-à-retardement, encore plus redoutable que le gaz sarin (2) de sinistre mémoire. Chaque jour recelait des pièges, des trous pervers difficiles à combler. On ne pouvait nullement compter sur nos collègues plus jaloux que des femmes-cougars chasseuses de jeunes-hommes.

Et puis dans ma tête, un autre clou y était enfoncé : le souvenir de Lola…

A suivre 

Notes :

 

1- Konstantínos Gavras est un réalisateur de cinéma de nationalité française, d'origine grecque et né à Loutra-Iraias (Arcadie) le 12 février 1933.

Chacun de ses films est pour lui l'occasion de témoigner de son engagement dans ses idées et de délivrer un message à propos du pouvoir. Ses premiers succès sont des thrillers politiques comme Z et L'Aveu ; il passe ensuite au drame sentimental puis à la social-fiction.

 

 2- Le sarin (GB) est une substance inodore, incolore et volatile, de la famille des organophosphorés, un neurotoxique pour l'homme et l'animal, même à très faible dose (10 parties par milliard) peut être fatal. On estime qu'il est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Il passe facilement la barrière des poumons et est absorbé par la peau d'où il passe directement dans le sang. Quand il ne tue pas, il laisse de graves séquelles neurologiques. Pour ces raisons, il a été utilisé comme arme chimique, avant d'être considéré comme une arme de destruction massive par les Nations unies (résolution 687). À ce titre, sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993. Les États devaient avoir détruit leurs stocks d'armes chimiques avant 2007. En 1952, les Britanniques l'ont modifié pour en créer une version dix fois plus mortelle nommée gaz VX.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. biquette  le 16-01-2018 à 10:42:59  (site)

Bonjour Alain , bon j'ai lu tes déboires de prof et oui il faut vous équiper de maniére a éviter le drame moral avec certaines petites terreurs dans les lycée, il faut dire que vu l'époque ou les mômes sont roi , alors je comprend a l'aise tes angoisses et surtout tes fatigues ( qui n'empêchent pas tes nombreuses calipettes au pieu ) ( rire ) Mais je te comprend car pour ce qui est de ma vie , j'ai toujours l'angoisse de tomber amoureuse d'un mec qui me raméne ses progénitures ..Non pas de ça lisette j'adore ma vie comme elle est , les enfants j'ai ma dose , alors je reste bien tranquille avec ma chienne qui ne me perturbe pas ma vie .....Il y a des femmes qui adorent jongler avec les couches et bien pas moi , j'aime les enfants mais je ne supporte plus leurs caprices vu que maintenant on les laisse tout faire ....J'en vois qui se balladent avec des télephones et qui sont accro de ça , des sous fichus en l'air pour dire des conneries, alors si on trouve ça valable, moi pas ...Sans étre vieux jeu je cotoie beaucoup de jeunes, mais ils font gaffe a ne pas me perturber avec leurs manies ...c'est une époque qui est tout de méme belle pour certaines choses mais nocive pour d'autres ..Merci de ton gentil passage sur mon blog ...Passe une belle journée si la chose est possible , bise a++++LiliImage

2. biquette  le 18-01-2018 à 19:16:03  (site)

Bonsoir Alain , je passe en catastrophe car ma fille ( ma casse bonbon ) vient ce soir pour me raconter ses déboires , note bien que ça va étre encore coton , je vois ça arriver de loin , vu la journée merdique je vais bacler .Je suis lessivée avec ce temps et le vent, je te dis pas , ils doivent morfler sur les côtes ...Ce mois de janvier il est môche côté climat...Je suppose que toi tu péte le feu rien qu'a voir une jupe , ça te stimule ...Drôle il y des mecs ils baiseraient une chêvre (Excuse je plaisante ) c'est bien d'avoir du tempéremment mais trop c'est trop ( je rigole un peu ça me fais du bien) ...je te souhaite une belle soirée car tu dois toi aussi avoir ton compte , une journée entiére a se farçir des mômes faut le faire , bon tu as surement l'habitude, mais moi on me retrouverais dans un état grâve s'il fallait que je fasse ton métier , la tête flancherait ...Note bien qu'il en faut des comme toi ...T'énerve pas de trop sur les copies , bise a++++Lili

 
 
 
posté le 06-01-2018 à 09:04:22

Grasse (44).

 

Après avoir écrit ma lettre à Lola, j’hésitais encore : allais-je la lui donner ? Elle avait disparu depuis quelques semaines et j’étais obligé de m’adresser à Brigitte, sa copine, qui l’avait remplacée dans la sombre rue qu’elle arpentait tous les soirs en attendant de dispenser des amours tarifiées aux hommes « sentimentalement » seuls.

Vers 21h30 je quittai mon immeuble comme une ombre pour éviter la « louve » qui fréquentait souvent le hall d’entrée, je veux parler de Mme Coqualo, l’insatiable « joueuse de flûte » qui aimait se souler avec le nectar biologique masculin à 37°C.

Il planait dans l’air un relent de fragrance, issu des distilleries, qui transformait les fleurs en parfums et extraits divers qui parfumaient en permanence  la ville.

Brigitte était à son poste, debout, proche d’un réverbère qui distillait des vapeurs lumineuses. Je fus soudain envahi de compassion pour elle et ses semblables. Quelle vie menaient-elles ces filles et quel avait été l’élément déclencheur qui les avaient projetées dans un destin peu enviable.

Je voulus faire demi-tour comme si j’étais le responsable de ce désastre, mais quand je pensais à Lola, mon cœur et mon cerveau avaient des réactions incontrôlables.

Brigitte me reconnut et vint vers moi comme une barque qui tangue dans la brume nocturne avec ses voiles légèrement gonflées par un petit vent marin.

 

 

                                                                                                                A suivre... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. biquette  le 06-01-2018 à 12:11:38  (site)

Re moi excuse Alain ...Je crois que la journée va étre dure côté température ...Passe un beau samedi et Rêve ça ne fait de tort a personne ///Bise a++++LiliImage

2. biquette  le 09-01-2018 à 10:37:09  (site)

Bonjour Alain , je passe te faire un petit signe pour ce mardi plutôt tristounet dans bien des régions , Je guette la suite de tes aventures rocambolesques vu que ça me fait bien rire , en plus j'ai eu un nouveau pc pour mon noël ça m'a drôlement fait plaisir , je suis a rechercher la facilité par tous les moyens et mon ancien ramait de trop , alors mon petit fils a eu un geste merveilleux pour moi ...Les fêtes sont passées et on a plus qu'a renflouer nos tirelires qui ont subi une sacré ponction avec les cadeaux ..De bons moments de tiré tout de méme ...On ne sait pas ce que nous serons en mesure de faire pour les années suivantes mais le mieux c'est d"en profiter quand on peut le faire.....J'espére que pour toi le pére Noël t'avais mis dans la cheminée une créature de rêve pour combler tes nombreuses envies ...Je ne peus pas dire malgrés mes piétres savoir sur la haut , si l'avenir sera rose pour beaucoup pourtant je le souhaite de tout coeur ...Je me demande si mes coms ne vont pas direct dans ta poubelle du net , de toute façon ce n'est pas grâve chacun est libre d'appréçier ou pas , on est dans un pays soit disant libre je pense !! ....Je te souhaite une belle journée et que tes éléves soient des élites afin que tu puisses assurer tes cours en toute sérenité ...Bise a++++Lili

3. biquette  le 10-01-2018 à 10:29:22  (site)

Bonjour Alain , je passe te souhaiter une belle journée , tu a dû repprendre le collier avec tes cours qui en fait ne doivent pas étre de la tarte avec certains petits mignons ,je ne pense pas que ça aurait pû étre ma vocation , j'aime trop l'air libre ...Il en faut tout de méme des bons samaritains qui se dévouent pour éduquer des gosses afin que ceux ci ne se retrouvent pas comme un certain PAULO au ballon ...J'attend de voir une suite qui va surement me faire marrer , tu la mijote dur !!!!!!j'en ai comme l'impression ...passe une belle journée surement a corriger les écris croustillants de tes éleves ...Bise a+++LiliImage

4. quadrille  le 10-01-2018 à 15:57:23  (site)

Bonsoir Alain ..... Je passe par là pour te faire un petit signe , il y a des musiques que j'adore alors j'en profite avec ce blog pour que d'autres appréçient ....Je te souhaite une trés belle soirée ...Bise Lili

5. biquette  le 12-01-2018 à 16:18:46  (site)

Bonjour Alain je passe jeter un oeil et voir ou tu en est avec la Lola ou avec une autre, aprés tout vu ta rapidité pour draguer, tu dois avoir un bon nombre de candidates a ton répertoire ..J'espére que tu recharge facilement tes accus pour faire façe a de nouvelles demandes, vu que chez toi ça se bouscule dur les Moiselles ...Passe une belle soirée et donne des tickets de faveurs tu t'y retrouvera plus facilement ......Bise ....Lili

 
 
 
posté le 02-01-2018 à 09:04:41

Grasse (43).

 

 

 

 

 

 

Est-il possible d’écrire une lettre d’amour à une p.... ?

 Et d’abord quel langage devrais-je utiliser ?

 Peut-être que Lola comprendrait mieux si j’écrivais comme Paulo son mac ?

 Je m’installai à mon bureau, encombré comme un marché de New-Delhi, et d’un revers d’avant-bras, je déplaçai tout un tas de copies qui traînaient là depuis quelques jours et que je n’avais pas eu le courage de corriger. Il faut dire que la correction des devoirs est un poison presque mortel pour les profs.

 Pour écrire à Lola, à la manière de Paulo, j’essayais de me mettre dans la peau de son mac : grand, musclé, tatoué, un front étroit et des yeux idiots et je commençais laborieusement ma lettre :

 



       

 

               Lola ma chaire greluche,

 


Depui queue je té vu tapiné sur le trotoir, mon keur cé mis a batre come l’orloge de ma mémmé.

Je tème kome un maboul et tu me manke bocou. Je pensse à ton cor de klaxon   sirénne et a tes sein gros come dé pastèkes.


Je tème, je tème, je tème !


ton Paulo kit 'adore.

 ps : noubli pa de doné à Loulou, l’argen de té paces.

 

 

 

En relisant ma lettre, je me demandais si Lola allait apprécier cette déclaration si romantique...

 Finalement je déchirais cette première ébauche de lettre d'amour dont les fautes d'orthographe volontaires risquaient de me donner une éruption de boutons.

 

Il était  vingt-trois heures et déjà les prémisses de la nuit annonçaient un combat inégal entre ELLE et moi. Assis à mon bureau, comme un élève sage, j’avais préparé une feuille bien virginale qui ne cadrait pas bien avec Lola, mais au diable les conventions, mélangeons les genres pour une fois !

Le début d’une lettre est aussi dur que le départ d’un marathon, on attend l’inspiration comme le coup de feu du starter qui n’arrive pas.

J’écoutais en sourdine un disque de jazz qui était censé m’inspirer. Le blues des chanteurs de Harlem, c’était mon spleen à moi. Je le cultivais avec amour comme des fleurs dans un pot en céramique qui représentait ma vie, finalement, étriquée comme un vieux costume de clown qui a trop grossi.

Après plusieurs tentatives infructueuses qui avaient à moitié rempli ma corbeille de papier chiffonné, de lettres avortées et d’espoirs déçus, j’arrivai, plus ou moins à quelque chose de correct :

 

 

 

 

Lola, ma chérie,

*****

  Pendant longtemps, ma vie a été un jardin abandonné, seulement peuplé de cactus faméliques et de lézards dépressifs. Et un jour, le hasard, m’a permis de te rencontrer. Alors peu à peu, les allées, par miracle, se sont débroussaillées et  se sont garnies de mille fleurs aux parfums captivants. Lola, tu es ma boussole et pourtant tu me fais perdre la tête. Tu es si jolie et si désirable et même si pour l’instant tu appartiens à un autre, laisse-moi espérer qu’un jour ton sourire me fera comprendre que je peux tendre ma main vers toi. Lola, mon amour, j’aimerais tant te prendre dans mes bras, sentir ton cœur battre contre ma poitrine et me saouler du parfum de tes cheveux.

 

Envoie-moi un signe, Lola, pour éclairer ma nuit, pour me faire croire, encore, que les étoiles brillent dans le ciel…

 

Je t’aime, mais comment te le dire ?

*****

***

Alain, le prof de physique…

 

 

 

    

 Je n’étais pas très satisfait de cette première lettre d’amour, mais comme j’estimais que je tournais en rond dans ce manège désenchanté, je l’introduisis dans une enveloppe et comme un adolescent romantique, j’aspergeais le papier de quelques gouttes de mon parfum, « Habit Rouge » de Guerlain. J’avais l’intention de remettre ma déclaration à Brigitte, la copine de Lola, qui tapinait dans ma rue, à sa place, pour qu’elle la lui remît en mains propres.

Mon Dieu, pourvu que Lola n’ait pas été envoyée à Tanger… !

 

A suivre... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Fanny39  le 02-01-2018 à 10:57:12  (site)

Bonjour et excellente année 2018, Très joli blog enchanteur et littéraire. Souhaitant du soleil partout

2. biquette  le 03-01-2018 à 14:40:15  (site)

Bonjour Alain , purée c'est fou ce que tu vois en la personne de Paulo un mec minable et complétement taré du ciboulot , et en prime un analphabéte a souhait , bon j'admet que d'ou il a atterit il n'a pas a jouer les intelléctuels , mais quand méme tu y va fort........ ( ça m'amuse cette lettre faite pour Lola ) Note bien que pour en arriver là il a fallu tout de méme qu'il se montre plutôt entreprenant pour des choses pas trés claires, c'est certain, mais côté la Lola a part son chassis de compétission il doit y avoir tout de méme un certain vide dans son crâne ou c'est l'amour qui est en train de la détruire ...Bref ce n'est pas courant non plus qu'un homme tombe amoureux d'une femme qui tapine , de toute façon méme a avoir eu ma vie bien remplie de connaissances de l'étre humain je n'ai pas eu l'ocasion de connaitre cet exemple , bon admettons que tu sois le premier a le marquer ...Aprés tout elle est comme les autres avec qualités et défauts , mais elle doit tout de méme en avoir vu des longueurs la Moiselle, alors elle est peut étre blasée du paf la miss Lola ....Le manque ça pése , mais le trop ça doit fatiguer ....J'adore ta façon d' écrire , tu as tout de méme de l'instruction a revendre dans ton genre ......Bon pas a juger qui que soit dans ton superbe récapitulatif de tes années de jeunesse ..Tu en gardes surement des sacrés souvenirs et arrivé a un certain âge on fait le bilan ( la je suis sérieuse )...Merci pour les parties de rire que je paye depuis que je connais ton blog , ce n'est pas courant non plus ça ...Tu dois avoir un certain regrêt de quelque part , ça se sent dans tes écris ...C'est la vie qui veut ça , quand on est jeune on croit tout connaitre , étre les meilleurs et aprés pas mal de douches on réalise , c'est du KIF pour beaucoup ...Tu as une sacrée personnalité en tout cas .....La vie ne nous apprend pas assez vite a voir clair a mon humble avis et c'est pourquoi quand le temps passe la sagesse grandit ...Note bien que certains restent bornés mais c'est positif pour d'autres .......On en apprend a tout âge ça c'est vrai ........Je te laisse pour aujourd'hui , vu les fêtes mon cerveau fume ( je plaisante ) Je te souhaite une belle soirée , plein de bons moments et profite au maximum de ceux qui arrivent et qui sont positifs pour toi ......Bise a+++++Lili

3. quadrille  le 04-01-2018 à 10:44:03  (site)

Bonjour ...Un petit coucou de ce blog là bise a++++Lili

 
 
 
posté le 30-12-2017 à 08:54:57

Grasse (42).

 ****

Les résultats du contrôle surprise furent catastrophiques et je me dis que finalement j’aurais dû jeter les copies au lieu de les corriger. Les notes variaient de 0 à 18, disons 31 élèves au-dessous de 10 et un élève qui avait obtenu un 18, c’était Albert, le meilleur élève de la classe. Le pauvre, il n’avait pas d’amis et ses « camarades » le surnommaient « Einstein le boutonneux ». C’est vrai que sur son visage, quelques boutons avaient installé leur campement et rien apparemment ne pouvait les déloger. Je pense qu’il aurait accepté d’avoir un zéro, rien que pour « sortir » avec des filles. Elles le fuyaient, ce qui lui valut un deuxième surnom : « Einstein le puceau ».

Il était amoureux de Clémence, jolie mais aussi nulle que la cote de popularité d’un certain président…Et je me dis que dans quelques années, il pourra certainement « coucher avec elle » car les garçons disaient que c’était une fille facile, peut-être digne successeur de Lola, la pute qui tapinait dans la rue de mon immeuble.

Lola avait disparu de mon champ émotionnel et franchement, sans elle, ma vie devenait une tasse de café sans caféine, heureusement sucrée, parfois, par Madame Coqualo, adepte des boissons sirupeuses, qu’elle buvait directement à la « source » dans le local à poubelles…

Un soir, vers 17h05, je repoussais gentiment l’invitation de Jeanne, la prof d’anglais, qui voulait que j’allasse chez elle pour visionner des diapositives de son voyage en Angleterre avec ses élèves.

N’oubliez pas que sans Lola, mon sang était pauvre en caféine et alors je me serais endormi dès la première diapo. Je rentrais chez moi à pieds en empruntant des rues pas très catholiques. A certaines heures de la journée, quand il n’y avait pas de vent, toute la ville de Grasse baignait dans une bulle de parfum et dans les ruelles étroites on avait l’impression de nager dans un tourbillon d’effluves parfois souillé par des vapeurs de solvants peu ragoûtantes.

Et finalement, déçu de ne pas avoir rencontré celle qui avait brisé mes illusions, j’arrivais dans ma rue, par la gauche, ce qui offrait une perspective bien rectiligne sur au moins cent mètres. C’est à ce moment-là que mon cœur fut passé au mixeur, quand tout au bout j’aperçus Lola qui tapinait adossée à un réverbère qui éclairait normalement et donc qui avait repris le travail. Quand elle me vit, elle se dirigea vers moi, en remuant ses fesses j’imagine. Moi je plongeais immédiatement dans un océan d’amour où je failli me noyer quand j’aperçus que la pute n’était pas Lola. C’était, Brigitte, sa copine qui me tendit une cartouche de cigarettes en me disant :

- C’est pour Paulo, de la part de Lola ! 

J’admets que Brigitte, bête de sexe, aurait pu ranimer un volcan éteint pour faire jaillir sa lave brûlante. Mini-jupe, chaussures rouges à talons aiguilles et corsage échancré sur des seins à peine cachés, vêtue comme ça, elle avait un potentiel érotique dévastateur. Il me sembla que ses yeux cachassent bien des promesses et pour le prouver, elle ajouta :

- Pour te remercier, je peux te faire une pipe dans ma voiture ! 

Mon Dieu, quel vocabulaire ! Mon cerveau était choqué, mais pas une partie de mon anatomie qui redressa la tête, mue par un réflexe pavlovien* inéluctable.

J’admets que cet acte anthropophage sur mon sceptre viril aurait bien compensé une dure journée de labeur parmi les élèves et les collègues qui survivaient comme ils pouvaient. Mais non, encore plus idiot que Maxime (celui qui a eu une note négative au contrôle surprise), je refusais avec une politesse bien inutile. Brigitte, s’éloigna de moi sans rien dire, en remuant ses jolies fesses.

Mon appartement m’accueillit avec froideur, sûr que j’allais l’embêter toute la nuit avec mon insomnie bruyante, mais une idée germa dans ma tête et gonfla comme un ballon de baudruche :

J’allais écrire une lettre d’amour à Lola !...

 

A suivre

 

Notes :

 

* Le réflexe de Pavlov est un réflexe conditionnel mis en évidence par Ivan Petrovitch Pavlov qui lui a donné son nom. On dit souvent conditionnement pavlovien.

 À partir de 1889, le physiologiste montra que si l'on accoutumait un chien à accompagner sa nourriture d'un stimulus sonore, ce dernier pouvait à la longue déclencher la salivation de l'animal sans être accompagné de nourriture.

En fait, il est démontré que la sécrétion de la salive peut être provoquée par un contact direct avec la nourriture ou par un stimulus lié à celle-ci, tel un son de cloche par exemple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. biquette  le 01-01-2018 à 11:36:09  (site)

Bonjour Alain , pour cette premiére journée 2018 je passe te souhaiter une superbe année , pleine de moments de plaisir , de joies , de coups de chance , et que tous tes désirs se réalisent et tu en a beaucoup d'aprés tes écris , mais je pense sincérement que vu ton tempérament tu vas reussir haut la main a contenter toutes ces dames qui sont nombreuses a te filer le train ( je serais curieuse de connaitre un peu ton secrêt vu que tu ne chaume pas en plus de ton boulot de prof et bien que cette année te donne une santé de fer a toute épreuve ) !!!Je plaisante mais je suis sincére pour te souhaiter beaucoup de bonheur pour 2018 ...Je suis toujours trés contente de te lire car tes histoires sont drôlement bien écrites avec justesse et avec belles explications pour les novices ..Je te fais la bise pour ce jour de l'an , surtout prend des vitamines ça peut t'etre utile pour tes nombreux efforts continuels au pagot .........A++++Lili

2. biquette  le 01-01-2018 à 18:23:27  (site)

Bonsoir Alain , je suis trés touché par ton gentil passage sur mon modeste blog , je n'ai rien fait de spécial pour étre en premiére ligne , mais c'est gentil tout plein de l'avoir mis, mais j'en ai été trés surprise .je suis toujours une lectrice assidue des déboires que tu as avec certaines femmes ...Tu as un chic fou pour me faire rire et pour ça je te remerçie de tout coeur ...Au début j'ai navigué dans la semoule avec toi , mais a la longue je te comprend ...J'ai tout de méme des années de vol derriére moi , mais je suis toujours a essayer de m'instruire ..J'ai repris confiance avec toi pour une simple raison qui te paraitra trés bizarre , un jour je te marquerais cette raison , car ce soir je suis rincé , les fêtes ont éte assez fatigantes et c'est surtout le fait que l'on mange plus que d'ab et que les bons vins ont fait tilt sur mon foie qui est assez fragile ..J'espére que pour toi tu as pû te défouler avec de jolies partenaires ; Je ne te criitique pas loin de là , la vie passe trés vite et il faut la prendre a bras le corps , profiter au maximum des bons moments et l'orsque l'on a des ocases , de rire le plus possible car c'est trés bon pour la santé ...Te dire malgrés que tout je suis contente que les fêtes soient terminées vu que l'on doit reprendre le collier et nos habitudes ...Voici les deux mois les moins drôles, Janvier et Fevrier , souvent une période dure pour beaucoup vu le temps qui est imprévisible pendant ces deux mois là ........Je pense que dans ton coin il ne fait pas trop froid , la côte est tout de méme le coin ou l'on a le plus de chance d'y trouver le soleil , ce n'est pas comme dans le Nord ou on se les caille souvent , note bien que beaucoup de coins sont jolis, mais il faut avoir une belle collection de pulls , moi je suis entre deux départements mais des froids tout de méme ....Cette année beaucoup de neige en montagne c'est beau tout de méme ce blanc et ça fait le bonheur de ceux qui aiment le ski ......Dis donc il y a le paquet de tapineuses a Grasse , je ne voyais pas cette ville sous cet angle là , j'y voyais de beaux champs de lavandes , des parfums sublimes partout , bref une ville de rêve mais je suis surement a côté de mes pompes pour ça ..J'y suis passée l'orsque nous avions avec mon mari fait le plan de remonté de la côte en passant pas Annecy
en visitant des tas de régions magnifiques et des restaux o poil ...On mange surtout bien dans dans deux département l'Ain et l'Auvergne ..Sur la côte on allait souvent manger a Bras je ne sais pas si tu connais et dans un restau a Saint Raphael et aussi Agay ou je n'y ai pas mangé ni a Boulouris , mais je connais bien , un paysage de rêve d'ailleurs le midi ..Par contre je n'aimais pas faire l'Esterel en voiture surtout l'été .....Voila alors je te re souhaite une merveilleuse année avec des tas d'ocases pour parfaire ton style au plumard ( excuse je plaisante ) car déja tu dois étre un pro .... Ca se bouscule a ta porte surement.... Bref profite au maximum de tout et du plus que tu peus car le temps passe a une drôle d'allure crois moi !!!!!!.....Bise a++++Lili

 
 
 
posté le 26-12-2017 à 08:40:09

Grasse (41).

 

Etait-ce la rue qui déprimait ou moi ?

Je ne l’avais jamais vue comme ça, cette rue, obscure comme si les réverbères faisaient grève. Espacés les uns des autres d’une cinquantaine de mètres, figés dans leur attitude arrogante, ils éclairaient, oui, mais chichement. Disons que c’était une grève partielle, un premier avertissement avant un noir total. Quelles étaient leurs revendications ?

Personne ne le savait exactement, mais on disait à mi-voix  qu’ils en avaient assez de tous ces chiens fugueurs qui n’hésitaient pas à lever leur patte arrière, pour souiller d’un jet odorant leur pied dépourvu de défense. Mais le pire dans tout ça, c’était que ces maudits cabots, quand ils avaient fini leur affaire, lançaient, dans le silence de la nuit, des « ouah ouah » insolents. Moi, déprimé comme du beurre rance et à moitié fondu, j’imaginai qu’on devrait nommer cette voie publique :

« La rue des chiens qui pissent ».

Et, ne voyant nulle part ces deux hémisphères, qui m’auraient bien fait devenir géographe, je veux parler des fesses de Lola, je rentrais chez moi, malheureux comme un porc-épic craignant la calvitie et la pince à épiler.

Fatalement, ce n’était pas mon jour ou ma nuit, bref je tombais nez-à-nez sur Madame Coqualo, qui tapinait (disons le mot) dans le hall de l’immeuble, près du local à poubelles. En me voyant, elle eut ce rictus cynique que doivent avoir les hyènes quand elles repèrent une proie. Pouvais-je résister, dans l’état lamentable dans lequel je me trouvais, à la bouche sublime de ma voisine ménopausée ?  

Elle détecta ma grande faiblesse morale et m’entraîna en me prenant la main dans le local à poubelles. Là, sans instrument de musique, elle me joua un concerto de flûte à bec en commençant par un moderato langoureux, suivi d’un andante et se terminant par un allegro assai, ce qui me permit de me venger, dans sa bouche, de Lola la traîtresse.

En regagnant mon appartement, j’étais content, car j’avais certainement, grâce à Madame Coqualo, maigri d’au moins 500 milligrammes, le poids (la masse) de ma semence…

La nuit, longue et sournoise, m’attendait ! Elle m’attaqua, quand sans conviction et fatigué comme un sapeur-pompier ayant donné de sa personne, j’escaladai mon lit en espérant trouver un sommeil réparateur.

La nuit, parlons-en de celle-là, toujours prête à faire des mauvais coups, à attaquer par derrière… Méfiez-vous d’ELLE comme de la peste ! Elle essaye de vous endormir, pour mieux vous étouffer, vous lacérer de ses griffes, vous faire cauchemarder ! C’est un combat qui dure plusieurs heures et quand on arrive à s’endormir au début de l'aurore, quand on pense avoir remporté la bataille, c’est à ce moment-là que la nuit utilise son arme de destruction massive : le réveil-matin ! Sa sonnerie est pire que l’onde de choc produite par une bombe atomique de plusieurs mégatonnes.

Parce-que, figurez-vous, qu’après la terrible bataille contre la cruelle nuit, il nous reste à en mener beaucoup d’autres plus terribles encore :

- Prendre l’ascenseur où inévitablement je rencontre Mademoiselle Belœil, vierge comme de l’huile d’olive, qui a oublié de se brosser les dents et qui va promener son chien.

- Entrer dans la salle des profs et être obligé de dire bonjour à mes collègues, alors que mon rêve d’enfant était de devenir un mime muet.

- Supporter la bise baveuse de Jeanne, la prof d’anglais, maternelle et protectrice.

- Ecouter le discours de Catherine, la prof de lettres classiques, qui nous raconte le film qu’elle a vu hier soir dans une petite salle d’art et essai de vingt-cinq places. Un film pakistanais intitulé « Qu’il est gracieux le vol de l’aigle dans le désert ».

- Et surtout aller chercher des êtres venus d’une autre planète : les élèves !

Voilà, ce qu’est la vie d’un prof amoureux d’une pute qui le repousse…

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 26-12-2017 à 08:43:59  (site)

bonne continuation ...smiley_id68887

 
 
 
 

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